Petite histoire du papier

 ORIGINE

Le papier (du latin papyrus) est une matière fabriquée à partir de fibres cellulosiques végétales et animales. Il se présente sous forme de feuilles minces et est considéré comme un matériau de base dans les domaines de l’écriture, du dessin, de l’impression, de l’emballage et de la peinture. Il est également utilisé dans la fabrication de composants divers, comme les filtres.

L’histoire du papier remonte à l’Antiquité.

En 105 (après J.C.) inventé en Chine par T'Saï Lun, noble de la cour des Han (province de Human).

Le processus de fabrication du papier n’a pas changé depuis cette époque. Il se fait en deux étapes : la désintégration de la matière première dans l’eau afin d’obtenir des fibres individuelles suspendues et, la formation de feuilles feutrées lorsque cette suspension est disséminée sur une surface poreuse et adaptée, à travers laquelle l’eau peut s’égoutter.

En 750, victorieux des Chinois à Samarkand, les Arabes apprennent le secret de fabrication (entremêlement de fibres de bois de mûriers) et en fabriquent à Chiraz, Bagdad, Tripoli, Alexandrie et à Fès, à partir de fibres de chanvre et de lin.

Longtemps uniques détenteurs des secrets de fabrication du papier, les asiatiques perdirent leur « monopole » au VIIIe siècle suite à un conflit avec la civilisation arabe. Ces derniers récupérant « la recette » au contact de prisonniers chinois vont la diffuser progressivement dans tout le monde méditerranéen.

Il faut toutefois attendre le Xème siècle pour voir l'arrivée de la fabrication du papier en Europe.

Xème siècle en Espagne (1er moulin à Jativa Valencia).

XIème siècle en Italie (1er moulin à Fabriano)

XIVème siècle, connu en France (1348 1er moulin à Troyes)

1800, 1ère machine à fabriquer le papier en continu, à Essonnes de Louis-Nicolas Robert.

1803 Fourdinier (G.B.) développe son invention dans le Kent.

Papiers utilisés dans les livres anciens

Vergé

 

Papier de cuve obtenu dans des châssis en bois ou formes, au fond garni d'un tamis de laiton. A base de chiffon, le papier de forme a des bords irréguliers marqués de franges ou de bardes, de boursouflures, d'aspérités ; Il laisse apparaître le dessin des fils de laiton ou vergeures placés au fond de la cuve, coupés perpendiculairement par d'autres fils plus espacés, les pontuseaux. Entre ces fils on peut avoir un filigrane. Le filigrane, apparu à partir du XVIIIe siècle, représente, en général, la marque du fabriquant - monogramme, devise ou dessin - incorporée au tamis. Il a donne ses noms à quelques formats de papiers : raisin (motif du dessin : grappe de raisin) et Jésus (monogramme I.H.S.)

 

 

 

Faux vergé

 

Papier fabriqué sur la machine. La pâte encore fraîche passe entre des cylindres à cannelures imitant vergeures et pontuseaux.

 

 

 

Vélin

 

Le papier vélin est un papier sans grain, soyeux et lisse qui a la particularité de ne pas laisser apparaître de vergeures. Ce papier évoque le parchemin de luxe, qui est fabriqué avec la peau du veau mort-né, le vélin. Pour rendre cet effet, les vergeures de la forme sur laquelle est coulée la pâte à papier sont remplacées par une fine toile métallique qui ne laisse aucune empreinte visible sur le papier.

 

En 1780, François-Ambroise Didot mit au point, avec les papetiers Johannot d’Annonay, la fabrication du papier vélin en France.

 

C’est Benjamin Franklin (1706-1790), imprimeur de métier, qui le lui aurait fait connaître, car ce papier avait été inventé en Angleterre, vers 1750, par John Baskerville. Lorsqu’il séjourna en France comme ambassadeur des jeunes États-Unis d’Amérique, entre 1776 et 1785, il fit venir une presse dans sa maison de Passy. Il tint aussi à visiter l’imprimerie de François Ambroise Didot et lui confia son petit-fils auquel Firmin Didot enseigna la gravure et la fonte des caractères. Benjamin Franklin était également un membre assidu de l’Académie des sciences.

 

Le papier vélin, très lisse et moelleux, convenait particulièrement bien à l’impression avec les nouveaux caractères Didot, fins et légers, de style néoclassique, mais son coût élevé le réservait à des tirages de luxe.

 

 

 

Hollande

 

Le Hollande ou papier Hollande est un papier vergé de luxe.

 

Invention Française importée en Hollande par des protestants exilés après la révocation de l'édit de Nantes en 1685; grène, ferme, solide.

 

Notamment utilisé pour certaines éditions à tirage limité, il est composé de pâte chimique de bois et d'un peu de pâte de chiffon. Il tient son nom de son lieu de production d'origine, les Pays-Bas, où il était autrefois produit à partir de chiffons, de chanvre, de coton et de lin non fermenté.

 

 

 

Papier Whatmann

 

Inventé par l'Anglais Whatmann, (1770), ressemble au papier de Hollande mais sans vergeures.

 

 

 

Papier Japon

 

Impérial vient de l'écorce d'arbrisseaux, légèrement teinté en jaune, soyeux, satiné, très souple, transparent et épais.

 

Ancien à la forme, sorte de vélin très lisse, teinté bistre très clair.

 

Blanc nacré, résistant, soyeux, offrant l'aspect de paillettes de nacres accolées (Rembrandt l'utilisa le premier en Europe pour les états définitifs des ses estampes)

 

 

 

Papier Chine

 

Préparé en plein air avec l'écorce du bambou, gris ou jaunâtre, fabriqué à partir de manille, il est fin, doux, absorbant, adapté aux impressions délicates, doux et brillant comme de la soie; enduit sur une face d'une composition à base de glycérine; il est recherché pour le tirage des gravures.

 

 

 

Papier d'Alfa

 

Souple, soyeux, résistant, produit en Tunisie et au Portugal et utilisé en Angleterre à partir de fibres d'alfa pour les éditions de luxe. Il faut au moins 10% d'alfa pour avoir l'appellation « Papier Alfa »

 

 

 

NOTA :

 

Les exemplaires dits de "Grands papiers" tirés sur Japon, Chine, Hollande, Madagascar, Annam, Vélin, Vergé, Alfa etc. sont désignés sous les noms de papeteries qui les fabriquent : Arches, Rives, Marais, Lafuma, Montval, etc.

 

Dans l'édition moderne, on distingue 8 catégories : Offset, Bouffant, Satiné, Hélio, couché mat et couché brillant, Papier bible.

 

 

 

Format des papiers

 

Les papiers sont définis par leur poids au m² : de 28g (papier bible) à 180g/m². Grammage habituel en littérature générale : de 70 à 90g/m²

 

Le papier est vendu au 100kg en ramettes ou en bobine ; 5 feuilles constituent un doigt, 25 feuilles, une main et 20 mains une rame soit 500 feuilles. Les noms anciens des formats (cloche, pot, raisin...) viennent des dessins primitivement représentés en filigrane (voir ci-dessus)

 

 

 

Formats en simples

 

 

 

Tellière: 340 x 440mm

Couronne: 360 x 460mm

Ecu: 400 x 520mm

Coquille: 440 x 560mm

Cloche: 300 x 400mm

Pot: 310 x 410mm

Carré: 450 x 560mm

Cavalier: 460 x 620mm

Raisin: 500 x 650mm

Jésus: 560 x 760mm

Soleil: 600 x 800mm

Colombier: 630 x 900mm

Petit Aigle: 700 x 940mm

Grand Aigle: 750 x 1060mm

Grand Monde: 900 x 1260mm

Univers: 1000 x 1300mm

 

 

Formats en doubles

 

 

 

Double Cloche: 400 x 600mm

Double Pot: 400 x 620mm

Double Tellière: 440 x 680mm

Double Couronne: 460 x 720mm

Double Coquille: 560 x 880mm

Double Carré: 560 x 900mm

Double Cavalier: 620 x 920mm

Double Raisin: 650 x 1000mm

Double Jésus: 760 x 1120mm

Double Soleil: 800 x 1200mm

Double Colombier: 900 x 1260mm

 

 

Série normalisée internationale

 

Chaque format plus petit est obtenu en divisant le format immédiatement supérieur en deux parties égales.

 

Le rapport entre les longueurs des côtés de chaque format étant toujours égal à √ 2.

 

Le format de base, désigné par A0, a une surface de 1m².

 

 

 

Dimensions en millimètres

 

 

 

A0 : 841 x 1189

A1 : 594 x 841

A2 : 420 x 594

A3 : 297 x 420

A4 : 210 x 297

A5 : 148 x 210

A6 : 105 x 148

A7 : 74 x 105

A8 : 52 x 74

A9 : 37 x 52

A10 : 26 x 37

 

 

 

Formats des livres

 

 

 

Ensemble des pages imprimées au recto et au verso d'une feuille de la dimension choisie. La feuille ensuite pliée à la dimension d'une page forme un cahier qui contient ainsi un certain nombre de feuillets; chaque feuillet comporte deux pages. Le nombre de feuillets contenus dans une feuille détermine le format.

 

 

 

On distingue ainsi :        

 

 

Feuillets

Pages

in-plano

1

2

in-folio (in-f°)

2

4

in-quarto (in-4°)

4

8

in-octavo (in-8°)

8

16

in-douze (in-12)

12

24

in-seize (in-16)

16

32

 

 

Si le papier est filigrané, on peut reconnaître le format réel d'un ouvrage ancien :

 

In-folio : pontuseaux verticaux et filigrane au centre de la page.

 

In-4° : pontuseaux horizontaux et filigrane vers le bord gauche de la page.

 

In-8° : pontuseaux verticaux et filigrane dans le coin supérieur gauche.

 

In-12 : pontuseaux horizontaux et filigrane vers le bord droit aux 2/3 de la hauteur de la page.

 

In-16 : pontuseaux horizontaux et filigrane dans le coin supérieur droit de la page.

 

Direction des Vergeures (Uniquement sur les papiers Vergés)

 

Permet de reconnaître les formats.

 

Vergeures horizontales : in-folio, in-8°, in-18, in-24, in-32

 

Vergeures verticales : in-4°, in-12, in-16